dimanche 17 juin 2018

Concours - 100 abonnés bookstagram



Comme vous le savez sans doute, ce blog dispose d'un compte Instagram sur lequel je poste très régulièrement des photos et des stories à propos de mes lectures !

Il y a quelques jours, j'ai eu la joie de découvrir que le cap des 100 abonnés venait d'être franchi ! Autant vous dire que j'étais aux anges : c'est tellement un plaisir de partager ma passion des livres avec vous... 💙

Pour récompenser tous mes lecteurs, j'organise donc un concours. Si vous me suivez sur le blog, il vous suffit de rejoindre mes aventures livresques sur Instagram, de vous abonner à @livresse_de_la_plume et de remplir les conditions du concours qui sont listées dans la publication bookstagram. Vous aurez automatiquement une chance supplémentaire au tirage au sort grâce à votre suivi assidu du blog. 💙 D'ailleurs, n'hésitez pas à m'envoyer un mp si votre pseudonyme instagram n'est pas le même que celui en tant qu'abonné sur le blog afin que je puisse prendre en compte votre bonus !

Encore merci à vous et à très vite pour de nouvelles chroniques !


dimanche 27 mai 2018

13 reasons why, de Jay Asher


Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 3 avril 2017
Public visé : Young adult / Jeunesse
Nombre de pages :288
Prix : 14,50 euros


Quatrième de couverture :  
Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...

Mon   avis :

"Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n'avez plus envie de pleurer, vous cessez de l'écouter. Mais échapper à soi-même, c'est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l'intérieur de sa tête. " - 13 reasons why, J. Asher


J'ai lu ce roman il y a plusieurs mois, juste avant de regarder la série éponyme et, à l'époque, je n'avais pas eu l'occasion de me pencher sur une chronique : peut-être notamment parce que j'avais préféré l'adaptation au récit écrit lui-même (et croyez-moi sur parole, c'est la première fois que cela m'arrive !). Là où je trouvais que le roman nous dressait un portrait trop unilatéral des évènements et ne nous encourageait pas à voir toutes les facettes de cette histoire qui, finalement, ne concerne pas que Hannah Baker, cette lycéenne qui met fin à ses jours mais pas sans avoir pris le temps de faire expédier des cassettes audio sur lesquelles elle enregistre les treize raisons qui, selon elle, l'ont conduite à commettre l'irréparable.   

Ce roman est ainsi conçu que nous suivons Clay, un des jeunes apparaissant sur les cassettes et qui va devoir les écouter une à une pour comprendre pourquoi il figure sur la liste des raisons d'Hannah. Le rythme particulier du "cassette après cassette" est une structure innovante et tellement efficace : on se retrouve, tout comme Clay, à ne pouvoir stopper l'écouter (ou devrais-je dire la lecture, bien que l'immersion soit parfois si totale qu'on a réellement l'impression d'entendre les paroles de l'adolescente) aussi bien pour découvrir ce qu'elle reproche à Clay qui nous paraît bien innocent, que pour tenter de comprendre ce qui a pu la conduire à s'ôter la vie. Avec un découpage minutieux alors même que l'ensemble des évènements se retrouveront liés, Jay Asher nous montre que l'effet papillon peut avoir des conséquences considérables et insoupçonnées pour celui qui a fait tomber le premier domino et engendre une chute inexorable... Une chute que n'importe qui peut ensuite amplifier davantage...

Ici, on ne cherche pas à sauver le personnage, on connaît sa fin tragique et même si c'est extrêmement douloureux qu'elle ait pu faire cela, ce choix narratif permet de se concentrer sur le sujet délicat du suicide chez les adolescents. L'auteur ne s'en contente d'ailleurs pas et parvient à aborder avec une certaine justesse le harcèlement scolaire, les agressions,... Si j'ai trouvé que l'idée de base était excellente, j'avoue avoir été déçue par la montée en puissance. Cela m'a donné l'impression qu'il en fallait toujours plus. Je l'ai vécu comme une surenchère malsaine et cela jusqu'aux ultimes cassettes où on touche carrément le fond... Pour moi, trop c'est trop... Si le message de base était de provoquer une prise de conscience vis-à-vis du mal-être adolescent et de ses possibles conséquences, je ne suis pas sûre que toute cette théâtralisation autour du suicide d'Hannah (parce que, mine de rien, c'est exactement le rôle que vont revêtir ces cassettes) serve cet objectif. De même, on sait que la sensibilité exacerbée des adolescents (et ce n'est pas moi qui le dit, il y a plus d'une étude sur le sujet, aussi bien sur l'importance accrue de l'environnement social et son impact sur leur développement psychique que sur la prépondérance du harcèlement scolaire à cet âge) peut les conduire à des extrêmes. Alors pourquoi en avoir toujours fait plus ? Pourquoi avoir eu besoin de trouver inlassablement des évènements plus glauques ? Les dix premiers n'auraient-ils pas été assez parlants, pas assez épouvantables pour que son suicide ne soit pas banalisé ? J'avoue que je n'y trouve aucune réponse si ce n'est la volonté de choquer le lecteur. Je reste certaine que cela n'était pas nécessaire, bien au contraire j'ai trouvé que cette accumulation décrédibilisait l'ensemble et tentait de justifier de manière plutôt malsaine son geste.

Enfin, un des éléments qui m'a gênée durant toute ma lecture est que l'ensemble de l'écoute des cassettes se fait sur une unique nuit. Nuit durant laquelle, nous sommes bloqués avec Clay et la voix d'Hannah qui ne cesse de s'échapper de ses écouteurs... Bien sûr, cela permet l'immersion, je ne le nie pas. Cependant (vous avez bien compris que j'ai quelque chose à en redire), j'ai trouvé cela tellement réducteur de ne pas pouvoir avoir la version des autres protagonistes. Attention, je ne cherche pas à dédramatiser ce qu'Hannah dit dans les cassettes, ni même à dénigrer la manière dont elle a ressenti ce qu'il s'est produit : toutefois c'est sa vérité à elle, pas forcément celle des autres... Heureusement, Clay nous donne quelques pistes à ce sujet, sans que cela soit suffisant pour pouvoir appréhender le problème dans sa globalité.


En conclusion, c'est un roman que je recommande mais avec des bémols, notamment si vous avez vu la série. En effet, dans ce dernier cas de figure, j'ai presque envie de vous dire qu'il est inutile de vous précipiter sur la version écrite. Certes, je lui reconnais un aspect immersif que je n'ai pas retrouvé avec la version télévisée mais qui vous laissera sans doute un goût amer tant sa vision restreinte peut être très dérangeante et injuste pour les personnages encore bien vivants. Bref, un roman qui fera réfléchir mais sur lequel il faut à mon sens prendre beaucoup de recul pour pouvoir dégager un véritable message qui se perd en chemin.

C'est là que la série réussit d'ailleurs un tour de force magistral lors de sa première saison, qui suit presque intégralement la trame du livre de Jay Asher : elle parvient à être plus profonde que le roman dont elle est inspirée et à transcender les questions qu'il soulève sans nous offrir forcément une réponse. Ce seront nos débats ultérieurs, avec d'autres lecteurs/spectateurs ou même des proches, qui devront nous aider à nous débrouiller avec toutes les interrogations restées en suspens et dont je doute que certaines aient réellement une explication... Même si cela peut paraître brut, cet aspect m'a enchanté dans le sens où il s'agit d'une réelle invitation à la réflexion personnelle.


Points positifs :
  • Une immersion totale. 
  • Une écriture fluide qui nous permet d'enchaîner les pages sans nous lasser. 

Points négatifs :
  • Une vision trop restreinte et engagée dans une réflexion préconçue qui ne nous permet finalement pas d'accéder à une compréhension globale de la problématique. 
  • Une surenchère qui n'était absolument pas nécessaire !


vendredi 20 avril 2018

La maison bleu horizon, de Jean-Marc Dhainaut

 
Éditeur : Taurnada éditions
Date de parution : 29 juin 2017
Public visé : Adultes
Nombre de pages : 260
Prix : 9,99 euros

Quatrième de couverture :  
Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

Mon   avis :

"Vous savez, s’il est vrai que les fantômes n’existent pas, je crois que les fantômes, eux, l’ignorent." - La maison bleu horizon, J.-M. Dhainaut


Quel roman, mais quel roman ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu affaire à un récit d'épouvante aussi prenant et rudement bien ficelé ! Toutefois, avant de passer à la chronique détaillée, je tiens à remercier Taurnada éditions et le forum Mort Sûre pour ce service-presse qui m'aura permis de faire connaissance avec un auteur français talentueux !


Immédiatement plongés dans l'histoire, les premières pages ne nous laissent aucun répit. Phénomènes paranormaux débutent et nous plongent instantanément dans une ambiance glaciale... Le rythme est d'ores et déjà donné : peu de répit et une réelle facilité à passer d'un élément à l'autre en assurant une continuité parfaite qui nous donne envie de poursuivre notre lecture sans attendre. J'ai d'ailleurs eu un mal fou à poser ce livre lorsque j'atteignais la fin d'un chapitre, toujours avide d'en savoir plus et de pouvoir continuer mon enquête au côté d'Alan, le principal protagoniste.

Parmi les personnages présents, c'est en effet sur ce professionnel du surnaturel que nous allons nous attarder. En effet, bien que nous ayons à notre disposition toute une famille, celle-ci ne verra pas ses personnages être plus développés que nécessaire. Ils restent néanmoins crédibles et, à mes yeux, c'est tout ce qui compte vu leur importance toute relative dans le déroulé des évènements. Par contre, notre fameux Alan Lambin, parapsychologue, sera en première ligne après avoir répondu à l'appel à l'aide de la famille Anneraux. Il faut bien admettre qu'il m'a particulièrement plu : avec lui, pas de spirituel à tout va comme c'est régulièrement le cas dans les romans qui nous proposent de sombrer dans l'horreur et la hantise ! Au contraire, Alan tente de garder un côté cartésien et scientifique, se référant également à l'Histoire pour nous proposer une résolution progressive de l'énigme qui entoure la demeure où vivent Helen, ses deux enfants et leur fille au pair. Je ne vous gâcherai pas le plaisir de votre lecture en vous révélant des détails, mais sachez que si vous êtes comme moi une lectrice "active" (comprenez qui ne peut s'empêcher de chercher le moindre indice, l'analyser et le décrypter pour finir par poser mille et une hypothèses quant à la fin d'un roman, en mode Miss Marple enclenché !), vous y trouverez largement votre compte de fausses pistes et de suspens ! Alors bien sûr et certainement parce que je lis beaucoup, j'avais correctement déchiffré certaines de ces pistes savamment dissimulées, pourtant cela n'a en aucun cas gâché ma lecture. D'ailleurs, le final a clairement été la petite apothéose de ce roman et m'a juste laissé une question sur les lèvres : reverra-t-on Alan dans de prochaines aventures paranormales ? C'est vous dire à quel point je m'en suis délectée !

S'il faut de bons personnages pour faire un bon roman, il faut également une intrigue qui tienne la route et attise notre intérêt. Ici, même si on lui reconnaîtra un caractère plutôt classique (la vieille demeure assez cossue, les portes qui claquent, les murmures et compagnie... Si vous n'en êtes pas lassés c'est que vous n'avez pas encore lu assez de livres du genre !), elle fonctionne excellemment bien ! Tout le mérite en revient à la plume de l'auteur qui parvient à nous immerger complètement dans l'ambiance angoissante et incertaine de la maison des Anneraux. Pourquoi n'ai-je pas osé le mot "terrifiante" ? Tout simplement parce que je n'ai pas ressenti la véritable peur (vous savez, celle qui fait tambouriner votre cœur quand vous vous relevez après avoir tourné la dernière page de votre chapitre et que vous tendez l'oreille comme si vous risquiez d'entendre le même grincement de porte que celui qui s'est produit un peu plus tôt dans l'histoire que vous dévoriez ?), même si je n'en étais parfois pas très loin avec quelques poils dressés sur ma nuque... Sans doute est-ce cela qui me fait passer à côté d'un coup de cœur, même si je ne doute pas une seconde du fait que "La maison bleu horizon" saura remplir d'effroi plus d'un d'entre vous !

Par ailleurs, un des énormes points positifs reste tout le développement autour de la Première guerre mondiale ! Pour ceux qui aiment les faits historiques, je crois que je viens de titiller votre curiosité et c'est tant mieux si cela vous donne une raison de plus d'aller lire ce roman. Quant aux autres, ne fuyez surtout pas car, même si vous n'avez aucune affinité avec cette période de l'Histoire, je peux vous garantir qu'elle est si bien intégrée au roman que vous en oublierez totalement que vous détestiez cette matière au lycée ! Je tire mon chapeau à ce bel ensemble qu'a su construire l'auteur, avec maîtrise et précision... Sans compter que cela sonne comme un hommage aux soldats tombés au front pour leur patrie, superbe et admirable.


En conclusion, ce roman m'a permis de découvrir un fantastique auteur que je prendrai plaisir à suivre dans ses prochaines publications, d'autant plus que j'ai cru comprendre que notre cher Alan reprendra du service dans de prochaines aventures paranormales dans "Les prières de sang" dont la sortie est prévue pour le 5 juillet prochain, toujours chez Taurnada éditions ! Pour ce premier opus, j'ai pris un réel plaisir à me laisser emporter dans cette demeure hantée, à tenter aussi de jouer les enquêtrices au côté d'Alan et surtout à être surprise au fur et à mesure que mes hypothèses partaient en fumée jusqu'à la révélation finale ! Bref, je ne peux que vous le recommander si vous avez envie de vous offrir une petite lecture-frisson agréable et entraînante !


Points positifs :
  • Un récit où tout s'enchaîne parfaitement, rendant la lecture très fluide.
  • Quelques frissons en perspective grâce à une écriture qui dessert l'ambiance angoissante.
  • Une échappée dans l'Histoire avec de nombreuses références à la Première guerre mondiale, sans pour autant alourdir le roman.  
  • Une fin inattendue mais réellement saisissante !

Points négatifs :
  • Parfois trop de clichés propres aux romans d'horreur.



jeudi 1 février 2018

Ruine, de Tillie Cole


Éditeur : Milady
Date de parution : 4 décembre 2017
Public visé : Adultes
Nombre de pages : 442
Prix : 16,90 euros


Quatrième de couverture :  
Kisa est la fille du chef de la mafia russe de New York qui tient le Donjon - un ring clandestin - et la fiancée d'Alik, un tueur endurci. Un jour, elle croise par hasard un sans-abris couvert de tatouages et de cicatrices qui éveille en elle des sentiments inconnus. Quelque temps plus tard, elle le revoit en train de combattre au Donjon. Alors qu'il sème la peur et la mort sur son passage, Kisa brûle de désir pour cet homme que tout le monde appelle Ruine. Mais celui-ci poursuit un but ignoré de tous : il recherche celui qui lui a volé sa vie et souhaite assouvir sa vengeance qu'il attend depuis de trop longues années...

Mon   avis :

"Ils étaient destinés de toute éternité à se rencontrer : un garçon et une fille, deux cœurs coupés en deux, envoyés, chacun de leur côté, en des contrées perdues, car Dieu voulait s'assurer que l'amour vrai résiste bien à l'épreuve. Mais un jour, tandis qu'ils s'y attendaient le moins, le hasard les met en présence l'un de l'autre. Se reconnaîtront-ils ? Et, si oui, retrouveront-ils le chemin de l'amour ?" - Ruine, T. Cole


Ce roman n'est pas passé loin d'être un coup de cœur. Ceux d'entre vous qui me suivent depuis un moment savent pourtant que les ouvrages estampillés "new adult" ou encore "dark romance" ne sont vraiment pas ma tasse de thé ! Je n'aurais jamais porté mon choix sur ce livre si la quatrième de couverture n'avait pas été si alléchante. Je cherchais un bouquin qui tente de nous retranscrire une histoire dure, de celles qui nous font frissonner d'angoisse devant la nature sombre et parfois profondément mauvaise de l'Homme. C'est également un des premiers ouvrages que je croise et qui tente une incursion dans le milieu de la mafia russe. Bref, j'ai tenté ma chance et je n'ai pas été déçue, bien au contraire ! "Ruine", premier tome de la saga des "Les écorchés" de Tillie Cole, m'a fait passer par une multitude d'émotions grâce à son histoire d'une noirceur terrible, servie par deux personnages principaux des plus touchants.

Cette lecture s'est révélée hautement addictive. Dévoré en à peine quatre jours, "Ruine" est une petite pépite à l'état brut. Il est à réservé à un lectorat avisé car on y trouve plusieurs scènes très difficiles à supporter, aucune violence n'est épargnée aux personnages et les détails pullulent pour nous plonger dans cette ambiance malsaine. Là où cela me déplaît habituellement, je n'en ai pas été gênée ici puisque ces moments cruels, voire choquants, n'étaient pas inutiles à l'intrigue. Ils la soutenaient, poussaient les personnages dans leurs retranchements et le lecteur par la même occasion. Dans l'adversité, j'ai découvert Kisa et Ruine, deux diamants bruts, deux âmes-sœurs... Car, au-delà du sang et du malheur, nous assistons à une sublime histoire : celle de la destinée de deux âmes-sœurs qui se retrouvent après des années passées loin l'une de l'autre. 

Si l'une d'elles m'a le plus marquée, il s'agit bien sûr de Ruine. Vous ne pourrez que l'aimer malgré sa froideur initiale, ses manières sauvages et brutales, ses tatouages, ses cicatrices et son regard fuyant qui trahissent toutes les années de torture aussi bien physiques que mentales qu'il a subies. Les flash-back sont bien amenés, incorporés dans la narration avec subtilité : ils sont d'une qualité certaine et permettent de nous faire prendre conscience qu'il s'agit d'un colosse aux pieds d'argile, le faisant passer du statut de bête sanglante à celui d'homme brisé cherchant désespérément à se raccrocher à quelque chose, la vengeance, avant qu'il ne trouve la lumière d'un phare dans la nuit de son existence torturée. Certains penseront que c'est de la pitié que nous ressentons et qui nous pousse à nous attacher à lui, pour ma part je dirais que c'est sa fragilité derrière le masque bestial de tueur qu'il a dû porter si longtemps pour survivre qui m'a touchée et m'a fait baisser la garde. C'est typiquement le genre d'évolution que j'aime, trouver détestable un personnage dès les premières lignes puis le découvrir et m'y attacher... Cela me fait toujours pensé à cette citation : "Au moment où je comprends véritablement mon ennemi, où je le comprend assez pour le vaincre, alors, à ce moment même, je l'aime également." - La stratégie Ender, Orson Scott Card. Indéniablement, Ruine restera mon chouchou de cet opus...

Quant à Kisa, de prime abord on pourrait croire qu'elle souffre du fameux syndrome de "la demoiselle en détresse", cette atteinte pathologique hautement courante dans de nombreux romans "new adult" et qui transforme toutes les nanas dignes de ce nom en pauvres dindes mielleuses qui ont besoin d'un prince charmant (de préférence baraqué et riche tant qu'on y est à faire notre liste au Père Noël) pour les aider dès qu'elles se cassent un ongle. Pour être honnête, la passivité de Kisa peut agacer mais si on essaye réellement de se mettre à sa place, on finit par se rendre compte qu'elle est bien plus forte qu'il n'y paraît. Après tout, elle fait ce qu'elle peut pour survivre dans cet univers qui est le sien : elle sacrifie sa liberté pour faire ce qu'on attend d'elle en tant que bonne future épouse de la mafia russe de New York, la Bratva. Alors qu'initialement c'était bien Kisa qui m'avait énervée à rester si peu combattive face à la violence d'Alik, son fiancé et futur numéro Un de la Bratva, je me suis finalement aperçue que c'est davantage l'inaction de son paternel devant les supplices infligés à sa fille qui ne collait pas... Elle est une femme battue et pire même, tout le monde le sait, tout le monde le voit et pourtant elle n'est pas protégée par son père alors même qu'il est le chef de l'organisation et que la famille est censée être sacrée dans ce milieu ? Suis-je la seule à trouver ça louche ? Ce non-sens est d'autant plus flagrant quand on arrive à la fin du roman... Je n'en dirais pas plus, mais je classe ceci comme le plus gros défaut de cette histoire, sa principale incohérence.

L'histoire en elle-même importe peu, elle n'est qu'un prétexte : la vengeance de Ruine face à ceux qui l'ont accusé et expédié dans un goulag, prison où des adolescents sont forcés de se battre à mort et entraînés à devenir des tueurs sans passé, passe vite au second plan. Elle est omniprésente dans l'esprit de Ruine, certes, mais elle n'est pas la véritable pierre angulaire du récit qui désire nous parler d'amour inconditionnel et de rédemption. C'est à cause de la façon dont ces thèmes sont traités que je suis passée à côté du coup de cœur... En effet, même si l'auteur réussit un formidable tour de passe-passe en rendant addictif une histoire au rythme trop soutenu et d'une prévisibilité déconcertante, elle reste dans le classique : je t'aime, je te protègerai envers et contre tout (et puis après on fera des galipettes à s'en cramer le squelette...). J'aurais tellement voulu "autre chose"... Qu'on ne s'arrête pas à cela, qu'on n'assiste pas seulement à la renaissance de Ruine et la reconquête de son identité perdue, mais qu'on participe à sa réadaptation après tous les évènements insoutenables qu'il a pu traverser. Cela aurait mérité qu'on prenne le temps de laisser évoluer le personnage, qu'on ne précipite rien en enchaînant des chapitres convenus. Bref, je voulais de la profondeur.  Était-ce trop demandé pour un roman de "dark romance" ? Sans doute...

Dernier détail, je n'avais jamais eu l'occasion de lire un roman de Tillie Cole avant et je dois admettre que j'ai plutôt apprécié sa plume. Par contre, les constantes simplifications de la forme négative (faut croire que le "ne" n'a jamais servi qu'à faire joli dans "ne...pas") ne sont pas du plus bel effet et paraissent très artificielles : je me suis même demandée s'il ne s'agissait pas d'un défaut de traduction pour rendre les dialogues plus naturels... Dans tous les cas, c'est raté !


En conclusion, ce premier tome de la saga "Les écorchés" vous fera passer une bonne lecture si vous savez à quoi vous attendre en commençant à tourner les pages de ce roman. Ne vous y tentez pas si vous êtes une âme sensible, certaines scènes sont très visuelles et les évènements qui ont lieu au cours du récit peuvent choquer par leur violence. Pour les autres, je ne peux que vous recommander "Ruine" tant l'histoire qu'il conte de deux âmes-sœurs destinées à s'unir malgré les épreuves y est à la fois belle, dure et touchante.

Dernier détail, rendez-vous le 24 janvier en librairie pour découvrir le tome 2 intitulé "Tourmente" : cette fois-ci, le récit s'attardera sur Talia, un des personnage secondaire de "Ruine" et un certain 221.



Points positifs :
  • Une histoire addictive. 
  • Deux personnages principaux très touchants, attachants. 
  • Une peinture plutôt pas trop mal réussie du monde de la mafia russe. 
  • Enfin une dark romance où le sexe, la violence et autres joyeusetés ne sont pas là que par obligation mais bel et bien pour soutenir l'univers et le récit.

Points négatifs :
  • Un ensemble trop convenu, dont on connait le dénouement avant même de commencer notre lecture. 
  • Trop peu de rebondissements. 
  • Un manque de profondeur, le timing est serré pour faire tenir toute l'histoire dans un seul roman et cela oblige à faire des concessions dans le traitement de l'évolution des personnages, aussi torturés soient-ils.
  • Une héroïne passive, qui se laisse un peu trop porter par les évènements. 
  • Au niveau de l'écriture, l'oubli constant du "ne" des formes négatives.



jeudi 11 janvier 2018

Colorado Kid, de Stephen King


Éditeur : J'ai lu
Date de parution : 1 novembre 2017
Public visé : Adultes
Nombre de pages : 154
Prix : 5 euros


Quatrième de couverture :  
Pour deux vieux busards du journalisme tels que Dave Bowie et Vince Teague, la présence dans leur petit hebdomadaire local de la ravissante Stephanie McCann est un bain de jouvence. Et comment donner plus sûrement à l'exquise stagiaire l'envie de rester, si ce n'est en lui révélant l'insoluble énigme qui les tenaille et qu'ils gardent jalousement depuis vingt-cinq ans ? Cet homme retrouvé sur une plage, mort dans des circonstances insolites et inexplicables, livrera-t-il son secret à la jeune fille happée par cette histoire.

Mon   avis :

"Le problème, c'est qu'il y a les histoires que les gens aiment raconter, 
et celles que les gens aiment entendre." - Colorado Kid, S. King


Cette réédition est une bénédiction pour tous les amateurs du maître de l'horreur ! Cela faisait des années que ce court roman de Stephen King, qui s'apparente d'ailleurs davantage à une nouvelle qu'à un véritable roman vu sa longueur, n'était plus disponible et était vendu à prix d'or par les petits malins qui possédaient la seule édition française alors épuisée. Je n'avais donc jamais eu l'occasion de découvrir cet ouvrage, dont j'avais toujours entendu dire qu'il était très différent de ce à quoi nous avait habitué cet auteur... Aujourd'hui que c'est fait, je ne peux que confirmer : "Colorado Kid" est réellement à part dans son univers narratif, ce qui n'a pas été pour me déplaire.

Bien sûr, on retrouve le style toujours aussi soigné. Les personnages bénéficient d'une solide construction : quelles personnalités aux reliefs rocailleux que ces deux journalistes usés par le temps et les faits divers qui ne laissent aucun souvenir, alors que de vrais mystères les hanteront jusqu'au bord de la tombe... Vince et Dave sont âgés et le gamin du Colorado trotte dans leurs esprits malgré les années qui passent et les rides qui se creusent. Pourtant, ce n'est pas une "bonne" histoire cette découverte d'un cadavre arrivé là on ne sait pourquoi, mort dans des circonstances étranges et dont rien ne peut expliquer la présence sur leur petite île perdue du Maine.

Ce récit d'un mystère insoluble est la pierre angulaire du roman. Stephen King s'en sert habilement pour nous montrer l'art de raconter une histoire et, même plus, de la choisir afin qu'elle soit de celles qui satisfassent le lecteur. On assiste donc à une réflexion efficace et poussée sur l'acte d'écriture, démonstration qui interpelle quant à notre intérêt à lire une histoire et sur ce que nous y cherchons réellement. A certains passages, j'ai presque eu le sentiment que nous étions à cheval sur l'essai littéraire, tant on sent que l'auteur désire décortiquer ce qu'est un "bon mystère", celui qu'on raconte et qui aime être entendu.

Au-delà de cet aspect littéraire, on assiste également à un récit transgénérationnel sur le legs des connaissances et des expériences. J'ai aimé observer la relation entre Stephanie, jeune étudiante venue faire son stage dans cette petite île perdue, et les deux vieux journalistes qui ont de la bouteille comme on dit. Plus que l'histoire du "Colorado Kid", je retiendrai ces personnalités pleine d'aspérités et tellement attachantes avec leur franc-parler et leur volonté de transmettre plus qu'une simple histoire...


En conclusion, Stephen King change totalement de registre et se plonge dans un roman aux allures de nouvelle. On apprécie le jeu avec le mystère et ce qu'il dégage, même s'il nous laissera fichtrement frustré avec toutes les réflexions qu'il engendrera. Avec le recul, je me dis que c'est sans doute exactement ce que voulait nous faire partager l'auteur ! C'est donc indéniable, "Colorado Kid" ne fera pas l'unanimité : même si j'en ressors plutôt satisfaite, je ne le conseillerai pas car il y a bien plus de chance d'en ressortir déçu que ravi...

Petite note si vous pensiez le lire pour retrouver la série "Haven" qui s'en est (vaguement) inspiré, ce roman n'a rien à voir si ce n'est l'ambiance des mystères irrésolus : déception assurée.



Points positifs :
  • Un roman qui change des œuvres habituelles de Stephen King.
  • Une réflexion autour de la notion de mystère et des différentes réalités qu'elle revêt pour celui qui le raconte et ceux qui l'entendent. 

Points négatifs :
  • La narration assez lente, par la faute de la mise en abîme de la transmission du mystère dont il est question. 
  • Fuyez si vous aimez les enquêtes résolues ou les romans qui bénéficient d'une fin qui clôt l'histoire. 



lundi 4 décembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°23]

Coucou les p'tites plumes !

Je vous retrouve pour un point lecture de début de mois, dernier mois aussi pour 2017... Cela sera l'occasion pour moi de commencer à faire plein de changements sur le blog afin de vous proposer de plus en plus de contenu mais aussi un design plus attrayant et intuitif à partir de l'année prochaine !
En attendant ces nouveautés, je vous propose de découvrir les lectures que j'ai prévues ce mois-ci !


Ma lecture actuelle :

Il faut croire que je suis dans une période de lecture à vous arracher des larmes au coin des yeux ou, tout du moins, à ne craquer que pour les sujets difficiles... Après "54 minutes" avec le thème des tueries de masse et "13 reasons why" avec celui du suicide, voilà que je me plonge dans celui du vécu de la maladie à travers un roman young adult déjà adapté au cinéma.
Je crois qu'il ne me reste plus qu'à sortir les mouchoirs...

Dites-moi, avez-vous également des moments pendant lesquels vous ne lisez qu'un certain type de romans ? Quitte à délaisser vos genres de prédilection habituels ?



Ma lecture précédente :

Un excellent roman ! Pas un coup de cœur parce qu'il m'a manqué cette étincelle, cette émotion que le récit n'a pas déclenché que cela soit du point de vue d'Hannah ou de Clay. Jay Asher s'en sort avec brio avec ce sujet très complexe qu'est le suicide, il le traite sans jugement, sans préjugé et franchement cela fait du bien."13 reasons why" est une formidable histoire qui parle finalement non pas des évènements qui peuvent pousser quelqu'un à mettre un terme à sa vie, mais plutôt qui nous fait prendre conscience qu'on joue tous un rôle dans la vie de ceux qui nous entourent et qu'il ne tient qu'à nous de l'influencer positivement.


Mes lectures prévues ce mois-ci :





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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 27 novembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°22]

Rendez-vous habituel du lundi pour bien commencer ma semaine de lecture ! D'ailleurs, je termine doucement mon challenge du mois, fixé à 1700 pages : encore environ 200 et ce sera une réussite !


Ma lecture actuelle :

Toujours dans cette lecture, non pas parce qu'elle aurait de quelconques défauts rédhibitoires mais tout simplement parce que la semaine passée a été hyper chargée... Entre boulot et compétition, je n'ai pas vraiment eu le temps de me plonger dedans comme il aurait fallu. Je compte me rattraper dès ce soir!








Ma prochaine lecture :

Ils se disputent la place en-dessous de ma table de chevet... Vous craqueriez pour lequel ? 😊



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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?