jeudi 15 juin 2017

Nightfall, de J. Halpern et P. Kujawinski



Éditeur : PKJ.
Date de parution : 6 avril 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 320
Prix : 17,90 euros

Quatrième de couverture :  
Sur l'île de Bliss, quatorze années de Nuit vont bientôt succéder à quatorze années de Jour. 
Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village. 
Alors que la Nuit les enveloppe, ils découvrent avec horreur qu'ils n'auraient vraiment pas dû... 
 


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Ma note : 6/10

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Mon   avis :

Et si la succession du Jour et de la Nuit n'était pas la même que celle que nous connaissons ? Et si nous vivions quatorze années de soleil pour sombrer dans quatorze années d'obscurité ? C'est cet étrange rythme auquel sont soumis les habitants de l'île de Bliss qui, après un cycle de Jour, voient le soleil décliner à l'horizon.
Alors que le crépuscule touche à sa fin et que le froid de la Nuit guette la côte, assombrissant les demeures et rendant la forêt plus inquiétante que jamais, tous se préparent à quitter l'île pour gagner les Terres Désertiques où ils resteront jusqu'au retour des beaux jours. Malheureusement, les préparatifs de leur départ ne se passent pas bien pour tout le monde et qu'arriverait-il si des personnes demeuraient sur l'île durant la Nuit ? 


Voici un roman que je n'avais absolument pas prévu d'acquérir, mais dont la quatrième de couverture a su éveiller ma curiosité avec son jeu sur le rythme nycthéméral ! Cette alternance, entre un Jour qui n'allait sans doute pas durer très longtemps puis une Nuit qui paraîtrait infinie à nos héros, m'a laissé penser que ce livre allait nous proposer un univers horrifique et j'adore ce genre de proposition... La curiosité l'a donc emporté sur l'étiquette "jeunesse".

La devise de ce livre pourrait être : faisons les choses vite, faisons les choses bien. En effet, dès les premières pages, point de répit ! On fait directement connaissance avec les personnages principaux, leur singularité et leur passé commun, notamment à travers les souvenirs d'un évènement qui les a marqués et qui aura une incidence cruciale par la suite. Entre Marine, Kana et Liam, chacun parvient à trouver sa place dans le trio. Kana est sans nul doute celui qui a le plus retenu mon attention et le seul que j'ai trouvé attachant, avec son caractère posé et son aveuglement pendant le jour qui disparaît une fois la nuit tombée. Ce personnage aurait pu être une ressource exceptionnelle de thèmes intéressants à traiter : celui de l'amitié - jouant sur son statut entre les deux autres héros, ami de l'un et frère de l'autre -, celui du handicap quand sa sœur devait le guider sous le soleil aveuglant, celui de la différence quand les changements surviennent et risquent de le laisser en marge,... Malheureusement, on reste en surface et le trio peine à gagner en profondeur. 

A mon sens, l'univers souffre du même mal. Sa présentation est intrigante. Avant que le Jour n'arrive à son terme et que les habitants rejoignent des bateaux qui les emmèneront sur les Terres Désertiques, tous s'emploient à ranger leur demeures de manière méthodique, en respectant des règles étranges sans savoir réellement pourquoi. On est avide d'en savoir davantage et c'est là où le bât blesse : nous n'aurons qu'une explication globale sans détails, même lorsque le puzzle se mettra en place plus tard. Il y a toutefois un bénéfice indéniable : ce flou crée rapidement une ambiance pesante qui ne fait que s'accroître une fois l'obscurité angoissante de la Nuit arrivée. La survie prend le dessus, les instincts également lorsque des bruits inquiétants se font entendre ou qu'une ombre se dessine à peine dans le flot de noirceur qui englobe l'île de Bliss. Le jeu sur la peur du noir, aussi vieille que l'humanité, frôle le frisson, même si on ne sombre jamais dans l'horreur. Personnellement, je n'ai jamais frémi durant ma lecture - je suis habituée à des récits bien plus terrifiants -, mais le public visé, plus jeune, y trouvera son compte.

Un rythme soutenu est conservé tout au long du roman, sans s'essouffler. Des chapitres courts et une écriture simple - trop épurée à mon goût - sont la clef de cette dynamique ponctuée de rebondissements qui n'en sont pas, tous terriblement prévisibles... Les particularités de chaque protagoniste et de l'univers ne sont pas suffisamment utilisées et, lorsqu'elles servent le déroulement de l'histoire, leur mise au premier plan est tellement évidente qu'elle gâche l'effet de surprise des révélations. Pas une seule ne m'aura fait hausser un sourcil : soit je suis trop perspicace, soit il y a vraiment un souci !

Quant à la fin, on n'aurait difficilement pu faire plus ouvert. Peut-être un second tome viendra-t-il nous éclairer sur la suite du voyage de nos héros. Après tout, nous savons si peu de choses sur les Terres Désertiques citées maintes fois qu'un nouvel opus pourrait mettre en lumière cette ailleurs au parfum de mystères.


En conclusion, ne vous aventurez dans "Nightfall" que si vous le faites en toute connaissance de cause et en acceptant de le prendre pour ce qu'il est : un roman jeunesse. S'appuyant sur des zones d'ombre et des peurs primaires pour flirter avec le genre de l'horreur sans jamais en franchir la frontière, ce récit fluide à l'atmosphère lourde plaira aux jeunes adolescents.




Points positifs :
  • Un univers avec une idée de fond séduisante qui aurait mérité d'être davantage exploitée.
  • Un trio équilibré.
  • Une lecture fluide.
  • Une histoire peu terrifiante, mais parfaite pour initier une lecture du genre chez des adolescents.

Points négatifs :
  • Des personnages trop peu fouillés, ce qui malgré des caractères initiaux prometteurs les rend lisses et banals.
  • Les zones d'ombre sont légion et participent à la fragilité de l'univers.
  • Absolument aucune once de terreur ou d'horreur comme peu le suggérer la quatrième de couverture. 
  • Un manque de profondeur global qui donne l'impression de rester en surface sans jamais toucher les thèmes essentiels dont les auteurs sèment pourtant les germes au fil des pages.




Ouvrage lu dans le cadre des Challenges de Mort Sûre




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